
Manon Koopman
Tisserande
Manon Koopman
079 474 73 56
info@manonkoopman.ch
www.manonkoopman.ch
Rue du casino 67
1673 Rue
Fondé en 2025
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Tissage
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Création de textiles
"C’est un métier manuel qui existe depuis la nuit des temps et qui exige un savoir-faire technique, mais demande aussi un sens esthétique, de la créativité et de la précision, comme tout métier d’art."
En quoi consiste votre métier?
Je suis tisserande, c’est-à-dire que je fabrique du tissu à partir de simples fils en me servant d’un métier à tisser et de navettes. Je crée ainsi toutes sortes de pièces textiles, telles que des écharpes, des accessoires et des objets de décoration.
Pourquoi avez-vous choisi ce métier?
Avant d’être tisserande, j’ai d’abord été graphiste et je ressentais une certaine frustration à passer mes journées derrière l’ordinateur. Je souhaitais exercer une activité créative, mais plus manuelle et au contact des matériaux. Le tissage est un métier calme et minutieux qui me permet de concrétiser ma vision graphique en jouant avec les couleurs, les formes et le rythme des motifs pour créer des objets.
Quelle formation avez-vous suivie?
Graphiste de formation, j’ai découvert le tissage un peu par hasard en 2018, en visitant un atelier de tapisserie contemporaine à Édimbourg. Je me suis formée au tissage entre 2019 et 2021 à l’atelier-école Filambule, avec Danièle Mussard, à Lausanne. En parallèle, j’ai également pris des cours de couture afin d’être plus libre et autonome dans ma création.
Quelles ont été les étapes marquantes de votre parcours?
J’ai commencé à tisser fin 2019 et j’ai rejoint l’association romande pour le tissage Romantiss’ une année plus tard, ce qui m’a permis de participer à plusieurs expositions ces dernières années : Archi-textures à Romainmôtier en 2021, Un vrai tissu de mensonges à Lausanne en 2023 et Deux par deux à Romainmôtier en 2025.
J’ai repris la présidence de Romantiss’ avec une collègue tisserande au début de l’année 2024 et, à la même période, j’ai également ouvert avec une collègue tisserande la boutique-atelier Les Tisserandes à Lausanne (en activité de février 2024 à décembre 2025). J’ai aujourd’hui lancé mon activité de manière indépendante à mon domicile à Rue (FR), où je propose des cours et où j’expose mes créations.
Quelle est votre devise?
Rester curieuse, car l’inspiration est partout !
En quoi votre métier est-il un « métier d’art »?
C’est un métier manuel qui existe depuis la nuit des temps et qui exige un savoir-faire technique, mais demande aussi un sens esthétique, de la créativité et de la précision, comme tout métier d’art. Les objets que je fabrique sont certes utilitaires, mais l’esthétique est primordiale.
Quelles sont vos principales sources d’inspiration?Je m’inspire de l’esthétique des années 1950 à 1980, de la nature environnante, des couleurs des paysages d’ici et d’ailleurs, ainsi que des créations textiles et du patrimoine culturel britannique.
Quelles sont les principales qualités requises pour exercer votre métier?
Beaucoup de patience, de précision et de rigueur pour réaliser un ouvrage régulier, avec un esprit logique et pratique pour résoudre les problèmes occasionnels liés au matériel. Il faut également savoir lâcher prise — on a parfois quelques surprises entre le projet imaginé et le résultat final.
Quelles satisfactions retirez-vous de votre métier?
Passer d’une idée à un objet fini, travailler avec de beaux matériaux et, bien sûr, le plaisir de recevoir des compliments sur mon travail. C’est aussi très gratifiant de transmettre mon savoir-faire à travers les cours.
Quelles sont les difficultés particulières de votre métier?
Il y a des difficultés d’ordre technique : choix des armures (motifs), composition graphique et colorimétrique — une mauvaise juxtaposition de couleurs peut donner un résultat grisâtre, régularité du tissage, ainsi que des difficultés d’ordre physique, liées aux positions inconfortables et aux mouvements répétitifs, qui peuvent entraîner des douleurs.
Quels sont les plus beaux projets auxquels vous ayez pris part?
La réalisation d’étoles en soie aux motifs graphiques et la création d’un tissu en tweed rose et violet destiné à la fabrication d’un manteau.
Quelles sont vos plus grande et plus petite réalisations?
Ma plus grande réalisation est un plaid en mohair à carreaux de 1,50 m sur 2,20 m, dont je me sers quotidiennement, et la plus petite est une trousse mesurant 12 × 18 cm.
Quelle est l’anecdote la plus mémorable de votre vie professionnelle?
Une personne est entrée dans ma boutique, s’est postée devant le métier à tisser et m’a demandé où j’achetais les tissus pour fabriquer mes accessoires et objets de décoration.
Comment voyez-vous l’avenir de votre métier ?
Le métier de tisserand·e connaît la concurrence de l’industrie textile depuis le début de l’ère industrielle, et aujourd’hui celle de la fast fashion et de l’ultra-fast fashion. Pourtant, il y aura toujours des personnes pour apprécier les pièces tissées à la main, qui se distinguent de celles des grandes enseignes par leur originalité, leur qualité et leur durabilité.






